Une clinique à trois registres — Note sur ma position théorique et éthique

Comment articuler psychanalyse lacanienne, approche systémique et thérapie contextuelle sans dissoudre leurs tensions ? Une note sur ma position clinique, théorique et éthique, après quarante ans de pratique.

Ce que j’entends par écouter autrement

Écouter autrement, ce n’est pas écouter mieux, ni plus attentivement. C’est suspendre l’envie de comprendre trop vite, de rassurer trop tôt. C’est tenir la question du sujet plutôt que de lui substituer une réponse.

L’Angoisse et le Désir : Quand le Manque Vient à Manquer

L’angoisse n’est pas sans objet, mais son objet est d’une nature particulière : c’est l’objet a, ce reste irréductible qui échappe à la symbolisation. Lorsque cet objet se manifeste trop près, lorsque le sujet est confronté à la présence excessive de ce qui devrait rester voilé, l’angoisse surgit comme signal d’un réel qui fait effraction.

Le Capitalisme au Prisme du Désir et de l’Angoisse: Une Lecture Lacanienne

Le capitalisme opère une confusion systématique entre les registres du besoin, de l’envie et du désir. Si le besoin peut être satisfait par un objet et l’envie par la possession de ce que l’autre possède, le désir, lui, ne saurait trouver de satisfaction dans aucun objet marchand. Pourtant, comme le souligne Roland Chemama dans La Jouissance, enjeux et paradoxes : « Le génie du capitalisme est d’avoir su transformer le désir inconscient en demande explicite, réduisant ainsi la dimension transcendante du désir à une simple logique d’acquisition ».

La métabolisation institutionnelle d’une parole énigmatique :

Ce texte explore les dimensions éthiques et cliniques du travail institutionnel en psychanalyse, à travers l’analyse d’une situation de supervision. Il montre comment une institution peut métaboliser collectivement une parole énigmatique d’enfant, en évitant tant l’écueil de la précipitation que celui de l’inertie.

Ne pas céder sur son désir : Pour une éthique de la subjectivité

L’éthique de la psychanalyse nous place devant une responsabilité vertigineuse : celle d’assumer notre propre désir sans le garantir d’aucune instance transcendante. « Il n’y a pas d’Autre de l’Autre », rappelle Lacan. Aucun grand Autre ne vient légitimer ou cautionner notre position subjective. Se tenir dans cette position, c’est accepter la solitude fondamentale qui caractérise tout acte véritablement éthique.